• Chapitre 4 - Poursuite

    Un chapitre jamais publié ailleur !

    Chapitre 4 – Poursuite

     

    Nous marchons toujours. Comme aujourd’hui nous n’avons pas pris le bus, le trajet deviens plus long. Cinq minutes, pas un seul bruit, pas un seul mot, rien, même pas les bruits de pas. Je me retourne.

     

    -Qu’est-ce qu’il y a ?

    -Non, rien, j’ai l’impression que quelqu’un nous suit, mais je dois être fatiguée !

     

    Je  n’aime pas avoir cette intuition, se sentiment d’être observer, voir même traquer. Je me retourne encore une fois. Cette fois, des paroles rapides, avec un éco, comme dans la classe pour l’alarme. Je sens que ces individus nous veulent du mal. Je m’arrête soudainement, Esma elle continue à avancer. Je me re-retourne. Cette fois, les paroles sont plus clair « Audrey doit prendre l’impasse, moi je prends la ruelle étroite et manu ? Je ne sais pas. J’espère que la pêche sera bonne ! Qui sait ? Cent euros ? Des bijoûts ?... ». Cette fois je cour vers Esma et lui attrape la main. En me suivants, elle m’interroge :

     

    -Mais pourquoi tu cour ? Et où tu m’emmène ?

    -Tais-toi et cour vite ! Suit moi !

    -Hein ?

    -Cour !

     

    Nous courons. Descendant comme une araignée, sûrement une femme, avec un masque noir. Elle pointe sur nous un pistolet. Un petit révolver noir, très cour, avec un silencieux au bout. C’est cette Audrey don parlait le bonhomme tout à l’heure. Il faut la distraire. Je hurle ce prénom. La femme s’arrête figée. Elle me regarde (enfin du moins je pense, mais vu son masque, on dirait qu’elle s’est mis une chaussette sur la tête, on ne peut pas savoir dans quelle direction elle regarde). Elle s’avance vers moi, lentement, et me lance :

     

    -Tu dois faire erreur petite ! Je ne te connais pas.

    -Moi non plus, mais pourquoi faites vous ça ?

    -Oh la ferme et file-moi ton fric et tout ce que tu as pigé ! Je n’ai pas qu’ça à foutre ! Aller grouille !

    -Même pas en rêve !

    -Mais c’est qu’elle est casse pied la petite ! Tu vois c’est simple, c’est comme à halloween ! C’est la bourse ou la vie, pigée ?

    -Oui c’est bon, à vrai dire tu la connais pas très bien la phrase d’halloween, et c’est les bonbons ou la vie !

     

    Esma m’attrape le bras, elle me tire, vers l’impasse ? Mais quelle idée a-t-elle en tête ? C’est un cul-de-sac ! A moins de passer à travers les murs, je ne vois pas un autre moyen... Je fixe la femme en noire, elle tourne la tête dans tous les sens, mais pourtant, nous somme là devant elle. Nous sommes adosser au mur de l’impasse, nous la regardons.

     

    -Allô manu ? Les deux filles, je les aie perdus, elles ont disparues ! Mais non je ne me fou pas de toi, j’te le jure. Hey ! A chaque fois c’est moi qui me tape le sale boulot, alors si t’es pas content fait le toi-même ! Oui, oui, tu as très bien entendu, toi-même ! Passe moi ton copain s’te plait, je n’ai pas que ça à faire. Elles ont du réussir à passer, en étant invisible. Oui invisible ! Non je ne suis pas folle, et oui tu es idiot. Allez passe moi Bernard tout de suite !

     

    Elle repart de la même façon qu’elle est venue, par le ciel. Esma me lâche la main. Nous nous regardons droit dans les yeux. Comme si elle veut que je devine quelque chose. Mais, il n’y a plus un bruit, l’atmosphère est pesante, comme si j’avais oublié quelque chose. Je me tourne, face à la ruelle de l’autre côté. Mais devant il y a la femme de tout à l’heure, son masque est en partie arracher. Elle s’avance et nous reculons, mais nous touchons le mur. Nous nous regardons, comme si c’était la dernière fois que nous nous verrons dans ce monde. Elle glisse sa main, sur une ceinture, garnie de multiples armements : révolver, grenade, radio etc ...

    Peut-être une chance pour nous, elle prend son pistolet, le tend vers nous.

     

    -C’est bon en faite, je vais les avoir. Aller finit de jouer les gamines ! Vous avez assez rigolé, maintenant c’est à moi !

     

    Je suis scotché. Je ne peux plus bouger. Mais que ce passe-t-il ? Il y a deux secondes, la femme ne nous voyait pas et ... Esma me, me tenait la main ! C’est sûr, ça vient d’elle ! Alors tous ces trucs viendraient d’elle ?! Elle m’aurait mentalement transmis se que le prof disait ?  Elle aurait soulevez les casiers et m’aurais assommé pour que je pense à un rêve, et j’en passe ! Elle m’attrape la main, elle a commencé à grimper. Nous nous dépêchons. Nous arrivons en haut. Esma est à cheval sur le mur. Elle m’attrape le bras. Je glisse, mais elle me tient. La femme araignée cour vers nous. Elle est toujours accrocher au filin et saute de mur en mur, de plus en plus haut, pour arriver à notre hauteur. Je regarde en bas, le mur est trop haut pour sauter. Esma me tir d’un coup, mais trop fort et nous passons de l’autre côté. Nous tombons. Je ferme les yeux, notre dernière heure à sonner. Nous nous sommes arrêtés, sans douleur. Je sens quelque chose de bizarre, comme un poids, comme quand l’air est très lourd, j’ai mal au cœur. Je rouvre les yeux, nous sommes à plat ventre, quelques centimètres au dessus du sol, retenus par une force invisible. J’ai ouvert les yeux depuis 5 secondes, mais la force invisible nous lâche et nous tombons, même si la chute ne correspond nullement à celle que l’on devait faire au départ. Nous nous relevons et nous retournons vers le mur que nous avons escaladé il y a, à peine quelques minutes de ça. La femme arrive, toujours sur son grappin, de plus en plus vite. Je me jette en avant, les deux bras tendus vers l’araignée. Action complètement absurde, je l’avoue.Elle va franchir le mur. Mais au moment de traverser le haut du mur, elle heurte quelque chose d’invisible. Elle repart dans le sens inverse à une vitesse folle, puis remonte d’où elle vient. Je reviens sur Esma. Elle a la bouche grande ouverte, les yeux ronds comme des billes. J’avance vers elle. Mes jambes sont mole, mon encore entier le devient. Je m’écroule. Esma hurle « Nan ! Réveille toi qu’est-ce qui ... ». Je ne réussis pas à entendre ses paroles, tous mes sens sont éteints.

    Je flotte, dans le noir. Je suis seule. Peut-être qu’en appelant quelqu’un...

     

    -Hey ! Y a quelqu’un ! Je suis seule, aidez moi ! S’il vous plait, je me sens pas bien, aidez moi ! Je vous en supplie !

     

    Une forme au loin, une grande lumière. Elle est trop loin. Elle se rapproche, mais je ne peux pas. Je flotte, mais impossible d’avancer. La lumière se rapproche. La lumière n’est plus blanche, comme je l’ai cru il y a quelques secondes, mais orange, orange feu. Je ne sais pas quoi faire. Appeler la forme ou être condamné à attendre, que quoi ? Qu’elle s’en aye et qu’il ne se passe plus rien ? Il faut tenter quelque chose, au pire qu’est-ce que je risque, à part bien sûr devenir folle ? Rien.

     

    -Eu, y a, quelqu’un ? (avec une voix très hésitante)

     

    La forme se transforme en créature, en un oiseau. Mais pas n’importe quel oiseau, aucun que l’on connaisse, un oiseau de feu. Je l’ai déjà vu quelque part, mais je ne me souviens pas.

    Cet oiseau ne me fait pas peur. A ma vue, cet oiseau me réconforte même. J’essaye de me rapprocher, mais toujours pas. La bête s’approche. Plus il se rapproche, plus je me sens bien. Ne devrais-je pas être affolé à la vue d’un tel animal ? Je ne sais pas. Il s’approche de plus en plus, se met à battre des ailes. Il s’approche de plus en plus vite. Il va me foncer dedans ! Je le regarde, je ne peux que gigoter, me fatiguer pour rien. Il arrive. La bête s’arrête net devant moi. Je lève la tête, il est gigantesque. Il déploie ses ailes et les entours autour de moi. Je vais donc mourir cramer ? Autant sauter du cinquième étage d’un immeuble, ça revient au même.

    L’anneau que forment ses ailes se resserre de plus en plus. Mon cœur palpite, je le sens, le sang me monte à la tête. La bague n’est plus qu’a quelques millimètres, elle s’approche lentement, mais je ne peux pas lui échapper. Je me débats, pour mes quelques secondes de vie qu’il me reste. L’anneau me touche. C’est brulant, mes bras brûlent, mon corps entier brûle. L’oiseau me serre dans ses bras de plus en plus fort. Je ne peux plus me retenir, des cris, comme quand quelqu’un se fait étrangler, aigu, angoissant, mais moi à la différence je brûle. J’ai l’impression de me renverser de l’eau bouillante sur la tête et qu’elle dévale tout mon corps. Je résiste. Les ailes arrivent à transpercer mes bras, elles arrivent à ma poitrine et me serrent. Mes yeux sont fermer, ma bouche ne produit aucun son, je n’entends plus rien, je ne fait que sentir, les bras qui me brûlent et m’étouffent. Je ne sens plus mes bras, comme s’ils avaient disparus. J’ai l’impression que l’oiseau me rentre dedans. Il faut que j’ouvre les yeux. Ils sont collés, retenus, ou peut-être brûlés. Je ne sais pas.  Non c’est impossible, il faut que je le voie, l’oiseau, le phénix.

    Mes yeux s’ouvrent brusquement. Ce n’est pas lui qui me serre, mais moi qui l’aspire. Mais il ne se débats pas, comme moi je l’ai fait, il ne fait que me serrer. Je sens en moi, je brûle, j’ai mal, je vais comme exploser : je brûle de l’intérieure. On m’arrache le cœur, ma tête, mes muscles, on me brûle le sang. Soudain, une voix douce, sortit de nulle part, me parle :

     

    -Ne te débats pas.

    -Mais, je, je ne peux pas me débattre !

    -Détend-toi, sinon tu souffriras encore et tu vas mourir.

    -Je ne suis pas en train de mourir là ?

     

    Elle ne répond pas. J’ai mal, très mal, de plus en plus mal : la voix à peut-être raison, je vais mourir. Ça brûle de plus en plus. Je repense à ce rêve, cette petite qui ... Mais je la revoie, sautillant, volant ? Et ses parents, heureux. Tout d’un coup le phénix disparus, je l’ai aspiré. Je n’ai plus mal, je me sens, même mieux. Je regarde mes mains, je brule. Mais je n’ai pas mal, au contraire je me sens très bien. Je peux me déplacer, je vole. Je me retourne pendant mon trajet, des traînées de feu, de moins en moins opaque au fur et à mesure qu’ils s’éloignent de moi. Je m’arrête. Comment faire pour retourner dans le monde réelle, à moins bien sûr d’être morte ... Et si la voix est toujours là, peut-être qu’elle a la réponse ?!

     

    -Hé oh ! La voix, tu es là ? S’il te plait, j’ai besoin de réponses, aide moi ! Comment faire pour revenir chez moi ?

     

    Soudain, de la lumière blanche, jaillis de moi. Je brille de plus en plus, jusqu'à être éblouis. Mes yeux une nouvelle fois s’ouvrent en grand. Je prends une grande respiration, ça fait du bien.


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